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  • virgiliagiambruno

LES DIFFERENTES METHODES

Dernière mise à jour : 20 avr.

Les différentes méthodes d'acting et courants de pensée




Tu verras, tu entendras beaucoup parler de grands penseurs et de méthodes d’acting, comme Constantin Stanislavski, la méthode Actors Studio dirigé par Lee Strasberg ou encore la méthode Meisner ! Tu vas nous dire : super, mais c’est quoi ?

Outre te conseiller d’acheter leurs livres, nous allons t’expliquer chaque méthode de manière succincte et précise pour que tu puisses savoir de quoi il s'agit.

1. Constantin Stanislavski

D’abord qui est Constantin Stanislavski ?

Né le 5 janvier 1863 à Moscou et mort le 7 août 1938, Il fût comédien, metteur en scène et professeur d'art dramatique. Il est l'un des créateurs, avec Vladimir Nemirovitch-Dantchenko, du Théâtre d'Art de Moscou (qu'il dirigea jusqu'à sa mort) et il est l'auteur de "La Formation de l'acteur" et de "La Construction du Personnage".

Son enseignement a bouleversé toute l'Europe. Dans les années 1950, l'acteur américain Lee Strasberg reprend les idées de Stanislavski pour les enseigner au sein de l'Actors Studio. Nous verrons donc que tous les courants de pensée sont plus ou moins issus de la méthode de notre ami Constantin !

Oui mais alors c’est quoi ? En deux mots : « être le rôle » pour Stanislavski.

"Ce qui peut arriver de mieux à un acteur, c'est d'être complètement pris par son rôle. Involontairement, il se met alors à vivre son personnage, sans même savoir ce qu'il ressent, sans penser à ce qu'il fait, guidé par son intuition et son subconscient"

En gros c’est réussir à lâcher prise ! Et il va encore plus loin en disant : "C'est une gageure : seul le subconscient peut nous procurer l'inspiration dont nous avons besoin pour créer, mais ce n'est que grâce au conscient, qui par principe le supprime, que nous pouvons utiliser le subconscient." Cette gageure, ce paradoxe, Stanislavski propose de le résoudre en proposant à l'acteur de se rendre attentif et disponible à lui-même.

"Il s'agit de laisser à la nature le soin de tout ce qui est, au sens le plus large du mot, subconscient, et de nous en tenir à ce qui est à notre portée. Lorsque l'intuition et le subconscient apparaissent dans notre travail, nous devons savoir ne pas les contrarier."

Cette méthode passe par plusieurs étapes :

- La mémoire affective/ chercher et se créer un petit « tiroir »( dans ton esprit) où y mettre ses souvenirs et ceux que l’on va utiliser pour son personnage pour nourrir ta créativité et la consistance de ton personnage.

- La sincérité de l’acteur/ ne pas fabriquer, ne pas imaginer la situation et la reproduire, mais la vivre comme si ça vous arrivait réellement maintenant, se laisser surprendre par son partenaire de jeu et être au moment présent!

- Laisser ton intuition et ton empathie te guider/ être à l’écoute de son partenaire et se faire confiance.

- L’activité qui rejoint le monologue intérieur/ tes pensées à l'intime.

- La spontanéité de l’émotion/ la laisser s’exprimer telle qu’elle vient, sans la juger, et ne pas s’attendre à avoir la même impression que la prise d’avant ou si c’est au théâtre celle d’hier.

Pour conclure avec notre ami Constantin, il faut savoir être sincère, ne pas faire semblant et ne pas fabriquer ! L’acteur devra trouver son équilibre parfait et devra pour cela passer par une recherche absolue de sincérité avec lui-même.

"Il faut faire très attention lorsque vous travaillez devant le miroir. Car par ce moyen, l'acteur apprend à s'observer de l'extérieur, plutôt que de l'intérieur." C'est son "moi profond" que l'acteur doit découvrir et apprivoiser s'il veut exceller dans son art.

2. Lee Strasberg et l'Actors Studio

D’abord... qui est Lee Strasberg ? C’était un comédien émigré aux Etats Unis, né en 1901 dans un petit village d’Ukraine. Lee Strasberg a été une figure proéminente du théâtre américain du vingtième siècle, et par extension, du cinéma américain. Il a été un grand coach d’acteurs, et a développé une méthode de jeu reposant sur des exercices très concrets, dont le but est essentiellement d’aider l’acteur à être dans le moment présent.

Pour faire simple, c’est le même courant de pensée que notre ami Constantin, il découvre son travail en allant voir une pièce à Moscou et adhère complètement à la méthode en se disant qu’il faut absolument la développer ! C’est-à-dire : comment je réagirais si ce qui arrivait au personnage, m’arrivait à moi ?

Il créa le Group Theater en 1931 avec un groupe de jeunes comédiens qui avaient découvert le système Stanislavski à travers ses livres, ses stages, et ses conférences. Il était composé notamment de Lee Strasberg, d’Elia Kazan, de Cheryl Crawford, d’Harold Clurman, de Stella Adler, de Sanford Meisner dont on reparlera tout à l’heure. Il fonctionnait comme le studio d’art de Moscou. Un groupe de comédiennes et de comédiens se réunissaient régulièrement pour travailler des scènes, faire des exercices, improviser des situations, et créer de nouvelles pièces. Cette façon de travailler a permis de développer plusieurs pièces importantes du répertoire américain.

En 1947, il crée l’Actors studio, ce sera une sorte de laboratoire , puisqu’il va y créer et tester ses exercices .

Lee Strasberg concevait des séances de travail de 4h. Les 2 premières heures étant consacrées à des exercices, et les 2 suivantes à un travail de personnages et de scènes. Les exercices étaient supervisés par Lee Strasberg, et avaient pour but d’aider l’acteur à développer sa technique. Il y avait des exercices pour se relaxer, développer sa concentration, entraîner sa mémoire sensorielle, développer son animalité, travailler sur le lâcher-prise, etc.

Par exemple, dans l’exercice du moment privé, l’acteur doit choisir une activité très privée, qu’il ne ferait pas devant quelqu’un, et exercer cette activité devant la classe, après avoir d’abord recréé le cadre de cette activité grâce à sa mémoire sensorielle. L’exercice de l’animal, quant à lui, consiste à devenir l’animal choisi de l’intérieur, puis à le transformer progressivement en personnage.

Les 2 dernières heures étaient consacrées à un travail de personnages et de scènes. Deux acteurs proposaient par exemple la scène d’une pièce du répertoire, ils pouvaient prendre du temps pour se préparer avant de présenter la scène. Une fois la scène terminée, les autres acteurs pouvaient faire des retours, en tenant compte de ce que les acteurs avaient voulu particulièrement travailler. Lee Strasberg donnait des pistes pour aider les acteurs à avancer dans leur travail.

Pour conclure, Lee Strasberg a développé le travail de notre ami Constantin. C’est-à-dire être sincère, partir de soi etc... mais avec une méthode et des exercices bien plus précis.

3. La méthode Meisner

On a vu que Meisner avait rencontré Lee Strasberg au Group theater. L’importance pour l’acteur d’exprimer une émotion qui soit vraie, était au centre des préoccupations des membres du Group Theatre, qui comptait dans ses rangs de futurs grands formateurs et praticiens tels que Lee Strasberg bien sûr, mais aussi Elia Kazan, Stella Adler, et un certain Sanford Meisner. Ces deux derniers (de même que d’autres membres de la troupe) étaient néanmoins sceptiques, quant aux moyens préconisés par Stanislavski pour parvenir à cette authenticité des sentiments, et notamment sur le recours à la fameuse mémoire émotionnelle — aspect incontournable, selon Strasberg, du système Stanislavski.

En 1934, alors que le maître russe était en convalescence à Paris, Stella Adler et Robert Lewis lui rendirent visite et passèrent deux semaines en sa compagnie. Et c’est avec une révélation inattendue — et ô combien méconnue ! — qu’ils retrouvèrent leurs partenaires à New York : Stanislavski lui-même ne considérait plus la mémoire émotionnelle comme le meilleur moyen de générer un sentiment authentique, mais lui préférait désormais « la pleine compréhension des circonstances imaginaires données par l’auteur ». Lee Strasberg, dont l’autorité dans la compagnie fut fragilisée par cette annonce, démissionna l’année suivante. Après 1951, alors devenu le directeur et l’unique professeur de l’Actors Studio, il y délivra un enseignement inspiré du système Stanislavski, où le recours à la mémoire émotionnelle tint une place centrale, et c’est cela qu’on appelle la « Méthode ».

Sanford Meisner, de son côté, fût durant plus de 50 ans, professeur à la Neighborhood Playhouse School of the Theatre de New York. Il y développa une approche dont nombre de principes étaient hérités de Stanislavski, mais qui se distingua radicalement du Method Acting de l'Actors Studio, notamment quant aux moyens d’exprimer une émotion vraie. Son apprentissage consiste en 5 exercices fondamentaux, qui ont en commun de servir un principe de base : « Jouer, c’est vivre vraiment l’instant, selon des circonstances données imaginaires. » En débarrassant son travail de toute intellectualité, elle ouvre à l'acteur un nouveau champ d'expression. Elle est libératrice en cela, qu'elle favorise son instinct, sa spontanéité, et élimine les problématiques de création consciente. « Act before you think » disait Meisner : nul recours à l'esprit donc, juste de l'entrainement. Les muscles de l'acteur se développent à force d'exercices, de même qu'un musicien fait ses gammes — d'abord avec effort, puis sans y penser. Meisner pensait que ce ne sont pas les mots qui amènent l’émotion mais l’émotion qui amène les mots. Ce « sans y penser » est l'aboutissement du chemin que constituent les stages Meisner.



Voilà ! Tu en sais beaucoup plus sur les différents courants de pensée et à L'ACADEMIE DE L'ACTEUR nous pensons que toutes les méthodes sont bonnes et que c’est à l’acteur de s’essayer et de voir laquelle résonne le plus en lui. Si tu souhaites trouver la méthode qui te correspond n'hesite pas à venir faire un cours d'essai et te renseigner sur notre formation professionnelle.


@lacademiedelacteur


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